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Papeete, Future « Venise » du pacifique ?
Dans quelques dizaines d’années, la montée des eaux risque de transformer l’avenir de nos îles polynésiennes…
Non, il ne s’agit pas d’un nouveau concept marketing pour attirer plus de touristes en Polynésie… Loin d’être romantique, ce scénario est aujourd’hui une réalité effrayante qui pourrait avoir des conséquences politiques, économiques, sanitaires et sociales sans précédents… Devenons nous nous préparer à cet éventualité ? Peut on bâtir sur l’eau le nouveau Papeete ?
Devenons nous nous préparer à cet éventualité ?
Face à toutes ces prévisions allant jusqu’à 7 mètres d’élévation pour les prévisions les plus pessimiste d’après les dernières estimations scientifiques il est urgent de nous préparer à cette éventualité.
Qu’en est-il pour nos îles Polynésiennes et en particulier, pour cette grande partie du Pays constituée d’îles basses : les atolls dont le niveau des mers est à peine à 40 cm.
Une grande partie de la Polynésie Française est constituée d’îles basses ne culminants que dans de rares cas à plus de 2m. Elles constituent essentiellement l’archipel des Tuamotu, composés de 78 atolls représentant 800Km², mais répartis sur une zone maritime de 5.500.000km². Sa population en 2002 était d’environ 15.800 ha.
Ces quelques données posent tout de suite la problématique de l’avenir des habitants.
L’élévation prévue des eaux même pour dans deux décennies, signifie que déjà aujourd’hui les effets de l’élévation se font sentir. A Rangiroa – le plus grand atoll du Pays - a été élevé des digues de protection contre l’érosion des plages, chose qui n’existait pas il y a 20ans. Il y a quelques semaines un train de houle de 3m de creux a provoqué des vagues qui ont endommagé l’aéroport de l’atoll.
Il faut donc s’attendre, avec les phénomènes extrêmes plus violents annoncés (cyclone, raz de marée, inondation), à une dégradation de la qualité de vie dans cet archipel.
Sans mêmes ces catastrophes, les infiltrations d’eau de salée dans la nappe phréatique fragile de cet environnement risque d’être le signal d’une migration vers les îles hautes de la Polynésie, en particulier Tahiti.
Parallèlement, il faut aussi prendre conscience que dans les îles dites hautes, l’habitat et l’activité économique sont concentrés sur la bande côtière, qui elle aussi est quasiment au niveau de la mer. La plus grande partie de la ville de Papeete, la capitale de l’île et centre économique et politique de la Polynésie toute entière a les pieds dans l’eau. Et ce ne sont pas les multiples remblais de 1m ajoutés au fil des années pour gagner sur la mer qui ont amélioré la situation. Quand à l’aéroport international de Tahiti-Faaa, il s’étire aussi sur des remblais posés sur le récif barrière.
Donc dans les années à venir il y aura non seulement l’arrivée des habitants des atolls à gérer mais aussi les mouvements de ceux de Tahiti même (Papeete, Faa’a, Pirae…) (soit plus de 70 000 réfugiés climatiques environs, les plus exposés. Et nous restons là dans l’hypothèse de la montée graduelle et non catastrophique du niveau de la mer.
Une Venise tropicale ?
L’idée est plutôt inadéquate, car Venise a vu le jour pour la sécurité qu’elle offrait à ses habitants contre leurs ennemis, ainsi isolés par une étendue d’eau. Aussi loin de se percher sur des échasses, c’est vers l’établissement de nouveau site d’habitat sur les hauteurs que devraient se tourner les populations.
Des questions et des interrogations. Combien de temps faudrait il pour rendre viable sur les hauteurs de Tahiti une zone habitable pour 15.000 habitants ? 30.000 ? 60.000 ?
Existe-t-il des solutions de déplacement à l’échelle du Pays, pour redistribuer les infrastructures indispensables au fonctionnement de notre société ?
Est-il raisonnable de continuer à se développer au niveau de la mer ?
Les gouvernants ont il prit en compte cette réalité ?
Quel projet actuel en tient compte ?
Dominique FARGUES / Papeete / Tahiti
Action Nature / www.action-nature.com
